
Un Festival C’est Trop Court!
02 – 09 octobre 2025
26ème édition
Communiqué de Clôture
(30 octobre 2026)
Latcho drom, « bonne route » en romani, c’est sous cette bonne étoile que la 26ème édition d’Un Festival C’est trop Court! a rendu hommage à Tony GATLIF. Son cinéma et son esprit ont régné sur la soirée d’ouverture et le premier week-end du festival. A l’annonce de sa disparition le 02 septembre 2026, l’invitation du cinéaste en compagnie de Delphine Mantoulet, sa compositrice fidèle, s’est mue en un hommage vibrant.
L’invitation est née de la rencontre avec les équipes du Consortium RéMMi de l’Université Nice Côte d’Azur, qui ont souhaité nous associer à leur événement scientifique et artistique « Restituer les récits de migrations ». Autant de parcours et de récits de migrations en Méditerranée qui ont permis la rencontre de cinéastes et d’artistes venus de Syrie, de Tunisie, du Maroc, de France, un territoire et une communauté méditerranéenne que Tony Gatlif connaissait bien.
La Méditerranée en Plein air
Cela valait bien une ouverture festive en plein air au 109 (Pôle de cultures contemporaines de Nice) avec la compagnie de danse Tzigabahan et un village en transe avec la présence de plusieurs stands associatifs (Le Cri Collectif, SOS Méditerranée, Restos du Coeur, Sabaka Papeterie). L’hommage à Tony Gatlif s’est conclu avec la masterclass virtuose de Delphine Mantoulet, et la projection de Latcho Drom au cinéma Variétés en partenariat avec le festival Happy Inde.
Une première animée parmi 150 films
Un festival c’est Trop court!, c’est aussi 4 compétitions, dont 3 sélections européennes qui révèlent chaque année une douzaine de talents internationaux. Pour la première fois depuis la création du festival, le Grand Prix de la Compétition Européenne est revenu à un film d’animation : Please de Anna Mantzaris, une co-production franco-suédoise. La cinéaste belge Maïa Descamps (Les homards) est repartie avec une double consécration : le Prix du public et le Prix étudiant.
34 pays étaient représentés cette année à travers une sélection de 150 films durant une semaine dans quatre lieux principaux à Nice : le 109 (Salle Pop-Up), le cinéma Belmondo, le cinéma Variétés, et le cinéma Rialto pour l’avant-première de Mauvaise étoile (ACID – Cannes 2026) bouleversant premier long métrage de Lola Cambourieu et Yann Berlier.
Le Nice Short Meeting sous IA
La cinéaste Lola Cambourieu figurait parmi le panel des intervenants de la table ronde « Ecrire, Réaliser et Produire au temps de l’Humaniseur » de la journée professionnelle Nice Short Meeting en compagnie de représentants du CNC, de France TV et de la Région Sud. Co-produit avec la Commission du Film et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nice, le Nice Short Meeting confirme à nouveau les attentes et les besoins des professionnels du secteur de se rencontrer, de permettre aux auteurs de trouver un producteur (Rencontre AARSE), et d’approfondir les questions (et les réponses) qui agitent la création avec l’impact de l’IA générative qu’illustraient les films de Gala Hernandez Lopez (Moths to light) et d’Olivier Smolders (Souvenirs d’un ami).
Amour et rage
Deux autres films documentaires dialoguaient intimement au sein de la même séance : With love and rage de Bojina Panayotova et Nos Rébellions Eduardo Sosa Soria. Les luttes citoyennes et féministes américaines d’hier croisaient l’engagement de la jeunesse pour le climat dans la France d’aujourd’hui. Au même moment, les lycéens défilaient dans la rue… manquant pour certains les séances scolaires d’UFCTC.
Préférons des spectateurs absents, mais des élèves bien plus présents par leur engagement, qui résonne aussi avec le nôtre d’élaborer un parcours d’éducation artistique et culturelle adapté et riche de sens (Séances scolaires, ateliers, journée cinématographique).
Premières…
L’équipe comptait près de 50 bénévoles cette année, dont beaucoup découvraient notre événement de l’intérieur. Les premières fois, ce sont aussi celles des autrices et des auteurs dont le festival de Nice représente la première mondiale de leur film. Quand cette première mène à un Prix d’interprétation (Léo Tibloux pour son rôle dans Pourvu qu’ils viennent me chercher de Philibert Gau), cela confirme l’intérêt des cinéastes à venir rencontrer le public niçois, autant que cela atteste de la place d’Un Festival C’est Trop Court! parmi les 33 festivals français de catégorie 1 (Données 2026 – CNC).
…et perspectives
L’action et la participation active d’Un Festival C’est Trop Court! se mesure aussi à l’échelle du territoire, au sein du collectif La Bande Passante qui fête cette année les 5 ans de l’Automne de l’Image : une saison encore plus dense qui regroupe durant 3 mois, 18 structures et/ou événements de septembre à novembre 2026.
Cette synergie montre à quel point la scène artistique locale est bouillonnante, et ne demande qu’à s’étendre et à se déployer, dans le cadre de politiques culturelles ambitieuses, soutenues par des lieux de création et de diffusion innovants. Pour le cinéma et l’audiovisuel à Nice, nous appelons à un état de lieux et à une large concertation, en particulier autour des espaces de projection, avant que la cohabitation (Cinéma Belmondo – Cinémathèque de Nice) ou l’éphémère (Salle Pop-Up au 109) ne deviennent, par défaut, des modèles pérennes.
En attendant un nouveau tour de piste en 2027 (08 au 15 octobre), nous serons à Barcelone (Festival L’Alternativa) le 16 novembre prochain pour la revanche de la Battle de Courts, puis au Cinéma Belmondo, le jeudi 19 novembre pour une reprise du palmarès 2026.
Laurent Tremeau
Directeur artistique