Édito 20 ans


En 2017, l’association Héliotrope célèbre ses 20 ans.

En 1997, nous défendions l’idée simple de voir du cinéma indépendant, des courts métrages en salle. Créer un festival à Nice, c’était aussi dresser le constat que Cannes avait tout et Nice rien. La ville vivait sur son passé : un festival du film italien prestigieux et l’âge d’or des studios de la Victorine.

« Nice était une ville de cinéma, même si toutes les tentatives de création de festivals y ont échoué » dixit François Rosso (Magazine Géo - N°366 – Août 2009).

Aujourd’hui, nous sommes sûrs d’une réussite : s’inscrire dans la durée à Nice – 20 ans – avec un projet culturel et cinéphile, façonné au fil des ans depuis 1997.

20 ans à regarder les œuvres dans les yeux du public et une volonté de créer un espace de travail collaboratif et pérenne, ouvert sur la cité.

Parmi ce vivier, depuis 20 ans, ont émergé de nombreux réalisateurs. C’est aussi notre fierté et notre vocation que de poursuivre et favoriser la découverte d’auteurs auprès du grand-public.

Je me souviens d’un rendez-vous à Cannes en 1997 avec Gérard Camy, déjà monsieur « Cannes Cinéma », qui me présenta Gilles Colpart, le spécialiste du court métrage qui nous aida à poser les bases d’Une soirée c’est trop court à Nice, au cinéma Rialto, le 7 avril 1998 ! Merci à Thierry Duchêne, son directeur, et les fidèles de la première heure (moins une minute pour rester dans le court !) : Evelyne Pampini, Michel Sajn et Thierry Collard.

Ce coup de pouce, on l’a obtenu aussi lors du festival Cannes 2000, quand nous avons organisé une table ronde sur le projet de création d’un festival du court à Nice, et qu’Odile Chapel, directrice de la Cinémathèque de Nice s’annonça comme partenaire principal. Très vite, épaulé par l’Agence du court métrage (Très chers Luc Lagier et Fabrice Marquat), véritable cinémathèque et distributeur du court métrage en France, un modèle et un exemple s’imposèrent, le festival de Clermont-Ferrand et un grand frère bienveillant : le festival Tous Courts d’Aix-en-Provence dont la disparition de Marc Ripoll en décembre 2015, président, programmateur, âme cinéphile omnisciente nous rappelle combien il compta pour nous, pour tous les amateurs de courts, les auteurs et les cinéastes, dont Marc aimait se délecter de leurs regards et de leurs paroles.

Aujourd’hui, Un festival c’est trop court compte 16 années, un bilan et une notoriété qui le placent dans la catégorie 1 des festivals de court métrage en France (Source CNC). Toute l’année, les actions de l’association Héliotrope nourrissent le projet festival, au sein d’un réseau dynamique et solidaire à Nice et dans le département, d’associations audiovisuelles et cinéphiles. 16 ans au cours desquelles Héliotrope a su former et professionnaliser ses membres, faisant de son équipe des acteurs engagés défendant une certaine idée du cinéma sur la côte d’Azur.

Héliotrope participe à de nombreuses manifestations en qualité de programmateur telles que Les Rencontres Cinéma et Vidéo de Nice du pionnier Vincent Jourdan, le parcours d’art contemporain Les Visiteurs du Soir, le festival de musiques actuelles Crossover, le festival de la photographie méditerranéenne Sept Off, la Fête du Court dont Héliotrope est l’association relais à Nice et dans les Alpes-Maritimes.

L’Éducation à l’image initiée en 2001 avec Marie-Hélène Calmes-Miserez au collège Jean-Henri Fabre, constitue aujourd’hui une de nos missions principales en plein cœur de la création et de la transmission. Séances scolaires, journée cinématographique, ateliers cinéma dans les écoles, collèges et lycées de Nice et Alpes-Maritimes concernent 2500 élèves par an. Depuis 4 ans, Héliotrope est partenaire de l’option cinéma du Lycée du Parc Impérial de Nice.

Peut-être des futurs cinéastes demain… peut-être des jeunes gens qui vont faire le pari de la liberté de ton et de l’audace.

Une audace qui nous permet de fêter aujourd’hui nos 20 ans, en toute liberté.

Une liberté de créer et d’entreprendre encore et toujours, à Nice, à l’image de cette soirée d’ouverture ambitieuse, avec le projet de Julien Ribot, qui va faire danser les murs du Mamac et réveiller la Promenade des Arts.

Un évènement fédérateur, pluridisciplinaire et festif… Miroir de cette inépuisable aventure humaine lancée il y a 20 ans !

Laurent Tremeau
Directeur artistique