Interview

Benjamin Borderie / Le Chant des Fauves


Bonjour Benjamin, tout d’abord nous allons aborder le choix de ton titre, pourquoi “Le Chant Des Fauves” ?

Le Chant Des Fauves, je pense que j’ai été fortement inspiré par un groupe de musique que j’apprécie, il s’agit d’un groupe de blues Touareg qui s’appelle Tinariwen.
Le Chant Des Fauves également parce que j’ai pris la ville comme étant une jungle urbaine dans laquelle j’ai fait évoluer les personnages qui sont un peu sauvages par moment (Ils vont voler des choses sans être agressifs non plus, ils sont plutôt cools dans leur démarche).
Je me suis également inspiré de moi-même et on pourrait assimiler cela au dernier cri d’une période.


Vous abordez une histoire, l’histoire d’une amitié, ton amitié ? Dis-nous en plus

Ca a été compliqué de trouver un sujet pour ce film, j’ai écrit beaucoup de scénario.
J’ai néanmoins beaucoup discuté avec des professeurs qui m’ont conseillé de trouver quelque chose de vrai et de simple et c’est en effet là où j’ai le mieux évolué.
Je me suis un peu projeté dans le futur et finalement j’ai tourné ce que je vivais.
Je me suis dit que c’était intéressant, c’est un sujet assez universel.
J’ai fait Nice, avant j’étais à Bordeaux entre autre.
On se fait des potes, on quitte une ville, on se fait d’autres potes donc j’ai essayé de travailler ce sujet.
Ce qui m'intéresse réellement c’est la réalisation, la mise en scène donc j’ai essayé de trouver un sujet assez simple pour donner par la suite à travers l’image, la caméra.
J’ai tout de même misé sur l’implicite car c’est selon moi plus poétique.
Ce film était un essai pour moi afin de voir jusqu’où je pouvais aller.


Vous avez usé de technique, notamment l’insertion d’un (écran) noir, est-ce que les personnages savent qu’ils sont dans un film ?

J’ai voulu dire au spectateur qu’on était au cinéma et que ce n’était pas la réalité que je montrais. Même si le cinéma montre la réalité, ce ne sera jamais exactement la même, ça va être romancé etc… donc j’ai utilisé ce noir pour vraiment dire “j’ai envie de tester ça” ça marche. A la base ça devait être un peu plus complexe mais je suis revenu à cela car ça fonctionnait mieux.


Vous laissez une part importante à la subjectivité en disant entre autre que tu étais dans l’implicite.

J’ai essayé de jouer avec les codes. J’ai essayé d’être fauve dans le sujet mais aussi dans la réalisation.
Les personnages savent ou non qu’ils sont dans un film, tu peux le penser comme ça ou non mais ça peut se faire.


Avez-vous des projets dans un futur proche, en France ou ailleurs ?

Je dois rencontrer des producteurs, j’ai un ou deux courts métrages en écriture, peut être une mini série et un moyen métrage. J’ai fait une petite pause et je m’y remets.


Vous avez eu une distinction, un prix n’est ce pas ?

J’ai eu deux prix par rapport à mon court métrage de l’année dernière. Un à Poitiers “Prix du Jury Lycéen” de la compétition So French, un super festival et un prix dans un petit festival à St Etienne.


La thématique abordée dans ce précédent film était-elle tout à fait différente ?

C’était un peu dans le même style. Le film s’appelait “Like A Kiss From Jesus”, toujours en rapport avec la musique. Le thème : Un petit garçon élevé seul par sa mère erre dans les rues de Nice, il va rencontrer une petite fille et passer la journée avec elle à la fin cette petite fille part, le petit garçon est triste et lui fait un petit bisou sur la joue. C’est plus poétique, c’est différent au niveau de la réalisation mais c’est un bon exercice. Apparemment le film a plus ou moins plus. Cette année j’ai voulu passer un cap et m’occuper davantage de la réalisation.


CLAP DE FIN
Un mot ?

Indécis


Merci à toi

Merci et merci au festival.


Patrice Pennont / Tessa Bertini